les feuilletons d’autrefois

7 février, 2007

arsene lupin

Classé sous arsene lupin,Non classé — maquesnot @ 10:19

Cent ans après sa création, tous les Français connaissent Arsène Lupin. Ce héros créé par Maurice Leblanc nous apparaît avec son chapeau haut de forme, sa redingote, sa canne et son monocle. Cette représentation a été créée par Léo Fontan pour lui donner une apparence sympathique. Il ne connaît pas plus le héros que vous et moi. Cependant, cette image colle à la peau du personnage et elle le met en valeur. Mais en fait, qui est Arsène Lupin ? Comment est-il ? Pourquoi est-il toujours aussi populaire ?

Le physique d’Arsène Lupin

Est-il grand ? Est-il brun ou blond ? Comment sont ses cheveux, la couleur de ses yeux ? Quel age a-t-il ? Au fil de ses aventures, notre personnage apparaît comme un homme différent. Dans Les dents du tigre, il est un homme de taille moyenne, d’une quarantaine d’année et d’aspect plutôt avenant. Dans 813, ou il incarne le préfet de police Lenorman, il est un homme jeune aux yeux brillants mais sa peau apparaît sèche, son dos voûté, une barbe et des cheveux grisonnants. De multiples exemples attestent qu’il semble différent à chacune de ses apparitions. Le héros est jeune et vieux à la fois. Il ressemble à un vieillard avec une sensation de force et de puissance. De telle sorte qu’aucun de ses adversaires ou de ses collaborateurs ne le reconnaissent. Même son biographe, qui n’est autre que Maurice Leblanc, se laisse berner. Cependant, seul Herlock Sholmés ne se trompe pas sur lui. Dans Arsène Lupin contre Herlock Sholmés, il écrit : « Il m’a vu qu’une fois, mais j’ai senti qu’il me voyait pour la vie, [...], l’être même que je suis ». L’auteur dissimule son personnage, il le décrit sommairement ou pas du tout. Il contribue au doute que peut avoir le lecteur sur l’identité du personnage. Le héros est toujours sous les traits de quelqu’un d’autre. Dans L’aiguille creuse, le narrateur ne reconnaît pas notre héros. Nous aurions pu penser qu’Arsène lupin apparaît sous son vrai visage. Il n’en est rien. Il annonce son vrai nom mais sa morphologie est différente. De ce fait, il s’installe un jeu entre le lecteur et l’auteur. Le premier cherche dans les différents personnages son héros, le second en le déguisant, en le transformant, le masque. Ainsi, si vous croisez Arsène Lupin dans la rue, vous ne vous retournerez même pas. Nous ne connaissons pas son physique. Il est tout le monde et donc personne à la fois. Maurice Leblanc, par son talent, crée un héros sans aspect et sans image. Il est extrêmement difficile alors de se faire une représentation du personnage.

La métamorphose

Dès son plus jeune âge, Arsène Lupin se forme aux arts martiaux en pratiquant le Ju-Jitsu. Il lit les grands écrivains comme Plutarque dans 813 ou Homère dans La comtesse de Gagliostro. En 1890, il aurait fait des études simultanées de droit et de médecine. En 1893, il travaille pendant dix-huit mois au laboratoire du docteur Altier. Son but est d’acquérir des connaissances dans la modification du visage. Il souhaite utiliser son expérience pour des opérations répréhensibles. Ainsi, dans Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, il explique son changement d’apparence à Ganimard. Il utilise un subterfuge tellement efficace qu’il est libéré par ce dernier. En effet, son plus farouche adversaire ne le reconnaît pas lors de sa présentation au procès. Il le fait libérer immédiatement. Durant tout son temps en détention, notre héros va utiliser les techniques de transformation du visage et du comportement pour mystifier ces juges. Il use de poisons afin de muer son visage, le rendant plus terne ou le vieillissant en fonction des personnages qu’il incarne. De plus, il change de costumes et d’accessoires pour parfaire son aspect. Seulement, il ne faut pas résumer ces transformations à des modifications physiques. Sans artifice, il rentre dans la peau de ses personnages comme un acteur. Il joue le personnage qu’il incarne. Il reproduit sa gestuelle, ses tics, sa démarche. Il travaille énormément pour parfaire son mimétisme. En réalité, Il devient la personne, il est la personne. Arsène Lupin est ainsi capable de devenir un comte, un baron, un brigand comme Baudru dans L’arrestation d’Arsène Lupin. La force de Lupin est l’incarnation même de son personnage. Nous pouvons ainsi l’opposer au Commissaire Maigret et surtout à Fantômas qui est son grand rival en 1911. Dans le civil, Fantômas peut être tout le monde. Mais, il doit se vêtir de sa cape et de son masque pour se transformer. La grande force de Lupin est qu’il n’a besoin de rien. Il ne ressemble à personne et il est donc tout le monde. Il n’apparaît jamais sous ses vrais traits même devant son historiographe qui est Maurice Leblanc.

Les noms de Lupin

Plus nous découvrons Arsène Lupin, plus il apparaît difficile d’appréhender le personnage. Ses aventures se transforment en jeu entre le lecteur et Maurice Leblanc. Comme la police, nous essayons de découvrir notre héros derrière tel ou tel personnage de l’histoire. Il est la police lorsque nous le découvrons sous les traits de l’inspecteur Ganimard. L’intrigue prend alors une autre tournure, encore plus excitante. Il apparaît sous différents noms comme le Prince Sernine (813), Don Luis Perenna (Les dents du tigre, Le triangle d’or) ou encore Raoul d’Andrésy. Ce nom est orthographié avec un « S » ou un « Z ». Ces noms sont des inventions de l’auteur. Cependant, il utilise aussi l’usurpation d’identité lorsqu’il se fait passer pour Ganimard ou Lenormand. Pour que le lecteur se repère, il semble que Lupin se présente souvent avec le prénom de Raoul parce qu’il s’agit de son nom d’enfant. Il utilise souvent des noms à consonance étrangère ; cela lui permet de se substituer à son passé et donc d’éviter des questions trop embarrassantes qui pourraient le démasquer. L’auteur utilise aussi les anagrammes comme Paul Sernine (813) ou Luis Perenna.

Un cambrioleur, pas un criminel

Maurice Leblanc a appelé son héros Arsène Lupin « gentleman-cambrioleur ». Notre héros a transformé le cambriolage en art. Il est magistral dans toutes les opérations qu’il met en œuvre. Il lui arrive souvent de prévenir sa victime de son forfait. Il manipule, il désinforme pour amener son adversaire à agir dans le « bon sens » ; c’est-à-dire en favorisant son vol. Nous découvrons cette tactique dans Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur. Il s’attaque à des personnages importants et les ridiculisent par ses actes. Il signe en laissant sa carte sur les lieux du vol. Mais surtout, il ne commet pas de crime. En effet, la police ne le soupçonne pas lorsqu’un meurtre est découvert. Sa popularité découle aussi de son refus de l’action violente. A la différence de Fantômas qui tue sans merci, Lupin refuse de faire couler le sang. S’il s’avère qu’un forfait accuse Lupin à tort, il se démène pour arrêter les coupables et les livrer à la police. Il n’apparaît pas comme un criminel, comme un assassin, mais comme un défenseur de la veuve et de l’orphelin. Il peut se rapprocher d’un Robin des Bois lorsqu’il dépouille les riches de ce monde. Il le fait avec talent et réveille en nous ce désir de justice. Cependant, même si Lupin n’a jamais tué de ses mains, dans 813, il est responsable de la mort de Louis Malreich qui meurt guillotiné. C’est Lupin qui le livre à la police en accumulant les preuves contre lui. Mais, c’est lui qui, trop tard, le disculpera. Le suicide de Pierre Leduc, toujours dans 813, le frustre car il avait modelé ce personnage. Il était un outil de sa création. Il lui dictait ses actes, c’était sa marionnette. Notre héros ne ressort pas indemne de cette aventure et se jettera du haut d’une falaise : « Il jeta des baisers dans l’espace, au ciel, au soleil…Et, croisant les bras, il sauta »…

treehill |
onetree |
Stargate Alpha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | le monde merveilleux de gro...
| Plus belle la vie
| j'ai rêver d'un autre monde